LA VIOLENCE CONJUGALE

QU’EST-CE QUE C’EST ?

La violence conjugale est un processus qui s’installe dans une relation amoureuse au cours duquel un partenaire va développer des comportements de plus en plus violents pour exercer un rapport de force dans le but de contrôler, de dominer et de soumettre l’autre à sa volonté. «Ce n’est pas une perte de contrôle mais bien, un moyen choisi pour affirmer son pouvoir sur l’autre…»1  Il  existe différentes formes de violence que le partenaire peut exercer et cela s’inscrit généralement dans un cycle de la violence. Il y a aussi tous les impacts dévastateurs de la violence conjugale sur la santé mentale et physique des femmes et des enfants qui en sont victimes.

Les différentes formes de violence2

La violence verbale 

La violence verbale est utiliser pour humilier, critiquer, intimider ou pour contrôler une autre personne.  Elle peut être employée de façon subtile ou au contraire, être très directe.

  • Insulter en utilisant un langage  grossier et injuriant ;
  • Crier et élever la voix ;
  • Blâmer et reprocher les faits et gestes d’une personne ;
  • Critiquer et user de railleries ou de propos humiliants ;
  • Menacer de façon directe ou indirecte.

Cette forme de violence provoque une crainte de s’exprimer, de la nervosité ou encore de l’épuisement.

 

La violence psychologique 

Cette forme de violence est sournoise et bien souvent difficile à détecter. Elle atteint l’intégrité psychologique de l’être humain. La confusion, le doute et le malaise sont des conséquences de la violence psychologique. A quoi cela ressemble-t-il dans la réalité ? Utiliser un langage non verbal méprisant, dénigrer et humilier, bouder, être indifférent, prendre des décisions à la place de l’autre, exercer du chantage.

 

La violence sociale 

Cette forme de violence est celle qui amène l’isolement. En dénigrant et insultant les amis et famille, en contrôlant les sorties ou les fréquentations la femme se retrouve seule. Isoler a alors pour but d’augmenter le pouvoir sur l’autre. Les conséquences d’une telle violence sont une perte d’estime et de confiance en soi ainsi qu’une augmentation de la vulnérabilité.

 

La violence économique

Bien que répandue cette forme de violence reste méconnue. Les comportements de contrôle prennent la forme d’interdiction à la conjointe de travailler, privation de ses ressources financières, surveillance des moindres dépenses. Ces comportements  visent à empêcher la femme d’avoir du contrôle sur sa vie économique ou à créer une dépendance envers la personne qui exerce du contrôle.

 

La violence physique

Il est plus simple d’identifier cette forme de violence mais pas toujours aussi évident de la dénoncer. La violence physique se manifeste par des gestes agressifs tels que pousser, bousculer, donner des coups, lancer des objets, brûler, séquestrer, menacer avec des armes, étrangler, commettre une tentative de meurtre ou homicide.

 

La violence sexuelle 

La sexualité est un sujet tabou. Alors quand celle-ci est violente et non désirée elle le devient d’autant plus mais il faut savoir que la violence sexuelle est répandue. Cela se traduit par exemple par des attouchements sexuels contre le gré d’une femme, agresser ou forcer une femme à avoir des relations sexuelles, lui imposer des gestes dégradants ou à regarder du matériel pornographique, dénigrer sexuellement une personne. La violence sexuelle provoque du dégoût, de la honte, de la peur ou encore une perte d’estime.

LE CYCLE DE LA VIOLENCE3

Le cycle de la violence traduit les quatre phases par lesquelles se perpétuent les gestes de violence. Ces phases permettent de comprendre le cercle vicieux de la violence conjugale et d’identifier les comportements du conjoint à chaque étape du cycle ainsi que les conséquences pour les victimes. Le cycle de la violence est en fait une dynamique relationnelle qui peut être complexe et subtile. L’intensité du cycle varie durant la vie d’un couple et d’un couple à l’autre.

PHASE

1

LE CLIMAT DE TENSION
Dans la première phase, la tension du conjoint monte, ce qui crée un climat de peur et d’anxiété pour la victime. Dans cette phase, le conjoint utilise souvent de la violence verbale et psychologique. Ces attaques sont parfois considérées comme mineures par la conjointe qui croit faussement qu’elle pourra contrôler la situation.

PHASE

2

L’AGRESSION
La deuxième phase, généralement courte mais dévastatrice, se traduit par l’explosion du conjoint, c’est-à-dire par une agression verbale, psychologique, physique, etc. Pendant cette période, la victime est en état de choc. Traumatisée, ses idées et ses sentiments sont confus: elle peut ressentir aussi bien de l’outrance et de la colère que de la honte.

PHASE

3

LA JUSTIFICATION
À la troisième phase du cycle, l’agresseur tente de se justifier en expliquant les raisons de son acte. De son côté, la victime, souvent de façon inconsciente, cherche des réponses aux gestes violents de son partenaire. Suite aux justifications de son conjoint, le doute et la culpabilité l’envahissent peu à peu.

PHASE

4

LA LUNE DE MIEL OU LA RÉMISSION
À la dernière phase, le conjoint agresseur s’excuse en promettant qu’il ne recommencera plus. Il peut alors redevenir gentil et charmant. À ce moment, l’espoir d’une relation saine renaît chez la femme. Puis dans un autre moment imprévisible, la tension du conjoint remontera, explosera, il se justifiera et demandera encore pardon à sa conjointe et ainsi de suite. Il est à noter que la dernière phase est de durée variable et elle peut même être absente chez certains conjoints, qui ne semblent pas remarquer ou regretter leurs gestes violents.

Au fil du temps, la violence psychologique s’intensifie et la phase de tension augmente.
Les agressions physiques deviennent de plus en plus graves et la phase de rémission de plus en plus courte.

LES IMPACTS

SUR LES FEMMES

La violence conjugale abîme autant le corps que l’âme des femmes qui la subissent.  Les traces vont bien au-delà des blessures physiques. Les conséquences sont multiples et affectent toutes les sphères de la vie autant sociale que professionnelle.  Voici quelques-uns des principaux effets de la violence conjugale.

 

 

Effets psychologiques

  • Crainte, peur, hypervigilance (être toujours en état d’alerte)
  • Sentiment de honte, de culpabilité, d’impuissance
  • Anxiété, stress
  • Perte ou diminution de la confiance en soi et de l’estime de soi
  • Doutes envahissants sur la compréhension de son vécu
  • Dépression
  • Idées suicidaires

 

Effets physiques

  • Fatigue
  • Troubles du sommeil
  • Douleurs (maux de tête, de dos, etc.)
  • Perte d’appétit et troubles digestifs
  • Consommation d’alcool, de drogues ou de médicaments

 

SUR LES ENFANTS

Dans un contexte de violence conjugale, les enfants subissent les effets négatifs de la situation. Qu’ils assistent ou non aux actes de violence, ils sont toujours affectés par le climat créé par la  violence. Ils sont donc victimes de cette violence même lorsqu’elle n’est pas dirigée vers eux.

 

 
Quelques effets psychologiques

  • Peurs
  • Insécurité, anxiété
  • Sentiment de culpabilité, de tristesse
  • Confusion
  • Difficultés scolaires
  • Tendance à l’isolement
  • Pauvre estime de soi

 

Quelques effets physiques

  • Problèmes de sommeil
  • Dépression
  • Difficultés de concentration
  • Hyperactivité
  • Agressivité