TÉMOIGNAGE

« J’ai trop souvent porté du maquillage et utilisé des filtres Snapchat pour masquer la relation malsaine dans laquelle je vivais. Pour donner l’impression de bien aller quand, au fond de moi, j’étais anéantie. J’avais tellement honte de subir tous ces coups et je me sentais aussi coupable, car ce n’était jamais sa faute.

Je suis fière d’avoir pu sortir de cette relation si destructrice. Elle m’aura apporté le plus beau des trésors, m’aura parfois même anéantie. Aujourd’hui, après 8 mois en maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, je peux affirmer que je possède les outils dont j’avais besoin.

En septembre 2017, on m’avait fortement conseillé de faire un tour à la Maison d’Ariane et j’avais refusé, pensant qu’il ne recommencerait pas. Ensuite, en décembre de la même année, j’ai protégé l’homme que je croyais fait pour moi. Il était malade et avait seulement besoin d’aide… J’ai cru en mes propres histoires. Pire, j’ai fini par croire que c’était moi la coupable.

Il m’a mise à la rue pendant que ma mère agonisait, car j’étais restée à son chevet. Et malgré cela, je suis quand même retournée car après tout c’était ma faute, j’aurais dû mieux agir. J’ai accepté tous ses mensonges quand j’aurais dû partir au premier signe… J’aurais dû m’écouter la première fois qu’il m’a menti au lieu de rester et attendre que viennent les coups.

Tous ces « j’aurais dû » ne changeront pas les actes que j’ai subis. Heureusement maintenant, grâce à deux superbes maisons dans lesquelles j’ai pu résider depuis la naissance de ma fille, j’ai pu avoir accès aux outils nécessaires à un mode de vie sain et surtout, à une relation saine. Plus jamais je ne me précipiterai dans les bras d’un homme…. Je vaux tellement plus que ça. Et ma fille mérite de voir une maman heureuse, souriante, sans maquillage le matin en se réveillant.

J’ai fini de porter un masque. Enfin, je me regarde dans le miroir et je souris face au visage que j’aperçois.

Merci au Parados et à la Maison Simonne-Monet-Chartrand de m’avoir permis de m’épanouir et de m’avoir aidé à recoller les morceaux brisés! »

Anonyme